BEIDHJA RAHAL

Musique arabo-andalouse : la nouba et la çanâa
28 AVRIL 2024

OBJECTIFS

Cet atelier vous propose une découverte du répertoire de la Nouba inclus dans le répertoire du patrimoine musical algérien de la musique çanaâ. C’est une première approche de la Musique arabo-andalouse.

CONTENU GÉNÉRAL

La Musique Classique Algérienne dite « arabo-andalouse » nous a été transmise depuis la chute de Grenade après que les arabes se sont installés dans tout le Maghreb. Nous avons donc hérité de trois grandes écoles : l’école de Constantine Malouf, l’école de Tlemcen Gharnati et l’école d’Alger çanaâ.
Les textes chantés sont en arabes classique Mouwachah et quelques fois en arabe parlé de l’époque Zadjel.
La Nouba est une suite de cinq mouvements allant du plus lent au plus rapide :
Mceddar – Btaïhi – Derdj – Insiraf – Khlass

La musique çanaâ est un des nombreux genres du patrimoine musical algérien qui regroupe le répertoire de la Nouba et des inqilabate ainsi qu’une partie des répertoires populaire et religieux…

Musique modale, art d’exécution et d’interprétation où l’improvisation joue un grand rôle, la « Çan’a » porte en elle les stigmates des moyens plus ou moins approximatifs qui ont été employés pour sa sauvegarde mais aussi des traits de génie peût-être sous-exploités…

CONDITIONS DE PARTICIPATION

Atelier en direction des enfants

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BIOGRAPHIE

Rarement interprète du répertoire andalou, maîtrisant également l’’aroubi et le hawzi, n’aura mis autant de passion dans l’exercice de son art. Pourtant, initialement, Beihdja Rahal, née à Alger, n’avait pas envisagé une carrière artistique. En 1974, sa mère l’inscrit, en même temps que ses frères et sœurs au conservatoire. Certains ont choisi le piano comme instrument, car il y en avait un à la maison, Beihdja a préféré la mandoline pour des raisons pratiques. Au conservatoire, elle choisit l’andalou comme discipline et elle côtoie les maîtres Abderrezak Fakhardji, Mohamed Khaznadji et Zoubir Kakachi. En 1982, elle rejoint la fameuse association El Fakhardjia et, dans la foulée, en avril de la même année, elle effectue ses premiers pas scéniques à l’Opéra d’Alger, où elle se distingue par l’interprétation d’un long solo de la nouba hsine.
En 1983, feu Maître Abderrezak Fakhardji, la choisit pour interpréter une nouba dans le mode rasd eddil dirigée par le Cheikh Hamidou Djaïdir, lors d’un concert donné à Alger, diffusé également à la télévision algérienne.

Co-fondatrice de l’association musicale Essoundoussia en 1986, Beihdja participe, un an plus tard, à la production de quatre des cinq enregistrements d’une collection éditée par l’association. En 1992, elle décide de s’installer à Paris pour suivre une spécialité. Finalement, c’est en France qu’elle matérialisera ses projets musicaux avec un premier enregistrement Zidane en 1995, un deuxième Mezmoum en 1997, puis un troisième volet consacré au Rasd en 1999. A partir de l’an 2000, elle travaille davantage en Algérie et se produit pour la première fois sous son nom. Il est vrai qu’elle y a trouvé un contexte plus favorable : un choix plus important de musiciens et d’instruments traditionnels. Encouragée par l’accueil exceptionnel du public, Beihdja s’investit à fond dans son ouvrage, réalisant, en dix ans, où elle s’est privée de vacances et de repos, le tour de force de mettre « en boîte » les douze noubas de l’école algéroise la çanaâ.

Forte d’un enseignement théorique poussé et douée d’un talent exceptionnel, Beihdja Rahal rayonne dans l’interprétation du mode andalou, ce style musical classique qui ne vaut précisément que par l’authenticité et la pureté de son jeu. L’andalou se joue forcément avec des instruments traditionnels tels que le târ la derbouka, le ‘ud, le violon, la kouitra et son exécution impose le respect total de ses règles, de son harmonie, de ses rythmes et de sa ligne mélodique. Son interprétation exige de la chaleur, de l’âme et du sentiment. Celle qu’en propose Beihdja Rahal dégage une atmosphère émotionnelle qui a comblé le public à chacune de ses apparitions en Europe et dans le monde.

Depuis plus d’une vingtaine d’années, et dans un souci de sauvegarde de ce patrimoine classique, elle donne des cours de musique et de chant à Paris. Les enfants sont sa priorité, ils sont la relève de demain. Elle a aussi créé son association Rythmeharmonie, où elle assure des cours de chant et d’instrument à des adultes, amateurs et professionnels.

En 2015, et suite à la demande de son directeur, elle a dirigé l’orchestre musical andalou du centre culturel algérien de Paris. Depuis septembre 2023, elle assure des masterclass à l’académie de musique d’Alger ACIMA.
Avec Saadane Benbabaali, professeur de littérature arabe et spécialiste du muwashah andalou, elle co-écrit deux ouvrages La plume, la voix et le plectre, en 2008 et La joie des âmes dans la splendeur des paradis andalous, en 2010.
Kamel Bouchama vient de lui consacrer un ouvrage entier qu’ils ont présenté au SILA 2018 à Alger, Beihdja Rahal, la félicité du répertoire andalou.

L’andalou est ici porté à son firmament par la voix cristalline et l’orchestre enchanteur de la première dame ayant enregistré les douze modes de la musique classique arabo-andalouse, une première dans l’histoire de cet art, jusque-là chasse gardée des hommes. Beihdja n’entend pas s’arrêter en si bon chemin, comme en témoigne sa discographie : Avec un 2ème tour des douze noubas, elle est à son 29ème album. Ils sont tous, à présent, disponibles en streaming.
En concert, Beihdja Rahal à la kouitra, est accompagnée de 4 musiciens exceptionnels jouant du ‘oud, alto, mandoline et derbouka.