RÉMY YULZARI

MUSIQUE KLEZMER
24 AU 28 FEVRIER 2027

AUBAGNE 

OBJECTIF GÉNÉRAL

Cette master-class propose une initiation et un perfectionnement aux différentes expressions du klezmer, musique traditionnelle des communautés juives ashkénazes d’Europe de l’Est.

À travers l’apprentissage du répertoire, le travail instrumental, l’écoute de sources historiques et contemporaines et l’exploration de l’oralité, les participants découvrent les codes mélodiques, rythmiques, harmoniques et stylistiques propres à cette musique.

L’objectif est également de développer une compréhension plus fine du phrasé, des ornements, de l’improvisation et de la transmission orale, afin de permettre à chaque musicien de s’approprier le langage klezmer tout en développant sa propre interprétation.

CONTENU PÉDAGOGIQUE

1. Découverte et apprentissage du répertoire

Travail à partir de morceaux issus des différentes traditions du répertoire klezmer et yiddish :

  • Danses traditionnelles, associées notamment aux mariages, anniversaires, bar-mitsvot et bat-mitsvot ;
  • Nigunim, mélodies ou chants sans paroles ;
  • Chansons de la vie quotidienne, notamment berceuses et chants domestiques ;
  • Mélodies issues du répertoire liturgique juif, telles que Avinu Malenu.

Les participants pourront également proposer des morceaux, sous forme de partitions ou d’enregistrements audio, qu’ils souhaitent travailler pendant la master-class.

2. Spécificités techniques et théoriques du langage klezmer

Le travail portera notamment sur :

  • la mélodie et ses différentes variations ;
  • la souplesse de l’agogique et du phrasé : jouer avec le tempo et le mouvement de la mélodie ;
  • les harmonisations et arrangements ;
  • les principaux modes et échelles utilisés dans le klezmer, notamment Ahavah Rabbah, Mi Chébérakh et Adonaï Malakh, ainsi que d’autres modes issus de la tradition musicale occidentale ;
  • les ornements caractéristiques : krekhts, glissandi, trilles, etc. ;
  • les motifs mélodico-rythmiques idiomatiques du langage klezmer ;
  • les principales formes rythmiques et dansées : hora, freylekh, bulgar, terkish, khosidl, etc.

3. Initiation à l’improvisation

Les participants seront amenés à construire une improvisation dans différents contextes, notamment lors d’une doïna.

Le travail abordera notamment :

  • l’improvisation modale ;
  • l’improvisation sur un bourdon ;
  • la construction et le développement d’une phrase mélodique ;
  • l’utilisation et la transformation des motifs ;
  • l’introduction progressive de changements d’harmonies.

4. Écoute, analyse et mise en pratique

L’écoute constitue une part essentielle de l’apprentissage du klezmer. Elle permettra d’identifier les caractéristiques stylistiques du répertoire et de comprendre les différentes évolutions de cette tradition musicale.

Un travail d’écoute et d’analyse sera réalisé à partir de sources historiques et d’enregistrements plus récents, notamment :

Sources historiques : Naftule Brandwein, Dave Tarras, Abe Schwartz, Belf’s Romanian Orchestra, A. Elenkrig’s Yidishe Orchestra, Lieut. Jos. Frankel’s Orchestra, State Ensemble of Jewish Folk Music of Ukrainian SSR, S. Young’s Yiddisher Orchestra, Josef Solinski, Max Leibowitz, Menashe Oppenheim.

Interprètes et ensembles plus récents : The Klezmatics, Brave Old World, Deborah Strauss, Chicago Klezmer Ensemble, Di Naye Kapelye, German Goldenshteyn, Zisl Slepovitch’s Litvakus, Steven Greenman, Pete Rushefsky & Jake Shulman-Ment.

Une attention particulière sera portée à la comparaison entre les différentes traditions d’interprétation et à l’influence de la tonalité occidentale sur les arrangements klezmer contemporains.

CONTEXTE DU RÉPERTOIRE

Le klezmer désigne la tradition musicale des musiciens itinérants juifs ashkénazes d’Europe de l’Est, qui se produisaient notamment lors des fêtes et célébrations de la vie communautaire.

Issu de traditions musicales multiples, le répertoire klezmer s’est développé au fil des siècles au contact des cultures environnantes. Il porte notamment les influences de traditions slaves, roms, grecques et turques, puis, au cours du XXe siècle, du jazz américain.

Cette histoire explique la richesse et la diversité du langage klezmer, qui permet d’exprimer une palette particulièrement large d’émotions : de la joie au désespoir, de la piété à la révolte, du recueillement à l’ivresse, sans oublier l’humour et l’amour.

Aujourd’hui, le klezmer continue d’évoluer et de se réinventer. De nombreux artistes explorent des croisements avec les musiques actuelles et électroniques : reggae, ska, hip-hop, drum’n’bass, disco, techno, house, rap, ragga, jungle, etc.

LE COLLECTAGE : PRÉSERVER UNE MÉMOIRE MUSICALE

La transmission du klezmer repose en grande partie sur une tradition orale. La disparition progressive des générations ayant connu la vie musicale d’avant et après la Shoah a rendu le travail de collectage particulièrement important.

À partir des années 1970, des musiciens et des ethnomusicologues ont entrepris de recueillir et de préserver les témoignages, les enregistrements et les répertoires encore accessibles. Le YIVO – Institute for Jewish Research, à New York, a notamment joué un rôle majeur dans la préservation de cette mémoire.

Des chercheurs et collecteurs de terrain, parmi lesquels Zev Feldman, ont également contribué à documenter les dernières traces vivantes de ces traditions en Europe de l’Est.

LE RÔLE DE LA TRANSMISSION ORALE

De nombreux musiciens d’Europe de l’Est ont émigré aux États-Unis, notamment pour fuir les pogroms et les persécutions. Des figures comme Dave Tarras ou Naftule Brandwein ont continué à faire vivre le klezmer au sein des communautés juives américaines, notamment lors des célébrations et des événements communautaires, puis sur scène.

Comme toute tradition orale, le klezmer s’est transformé au fil de ses transmissions et de ses rencontres avec d’autres cultures musicales. Son passage par les États-Unis, notamment son contact avec le jazz, a ainsi donné naissance à des styles et des pratiques d’interprétation spécifiques.

Les recueils de partitions constituent aujourd’hui des outils précieux pour découvrir et transmettre le répertoire. Toutefois, ils ne peuvent restituer certains éléments essentiels du langage klezmer : le style, le phrasé, les inflexions, les ornements, le placement rythmique et les variations propres à chaque interprète.

L’écoute et l’apprentissage par l’oralité restent donc indispensables à une compréhension véritable du style.

PARTITION ET ORALITÉ

La retranscription écrite du klezmer présente certaines limites. Il est notamment difficile de rendre fidèlement sur une partition :

  • les subtilités du phrasé ;
  • les variations de tempo et de rythme ;
  • la souplesse du jeu et les décalages rythmiques ;
  • les différents types d’ornementation (krekhts, trilles, glissandi, etc.) ;
  • certaines particularités rythmiques, comme celles de la hora klezmer, dont le ressenti peut se situer entre différentes subdivisions métriques.

La partition constitue donc avant tout un support et un aide-mémoire, permettant de découvrir ou de conserver un répertoire. La transmission orale, l’écoute et l’imitation restent essentielles pour en saisir le style et l’interprétation.

CONDITIONS DE PARTICIPATION

Une master-class exclusivement instrumentale

  • Ouverte à tous les instruments ;
  • Tous niveaux, à condition de maîtriser un minimum son instrument ;
  • Sans limite d’âge ;
  • Aucun prérequis en klezmer n’est nécessaire.
  • Les participants doivent toutefois être suffisamment à l’aise avec leur instrument pour : connaître l’emplacement des notes ; jouer des mélodies avec une certaine autonomie ; tenir un morceau du début à la fin sans s’arrêter et sans difficulté majeure.

Travail individuel et collectif

Il est possible de venir en groupe, de préparer en amont des morceaux ou des arrangements et de les proposer au travail pendant la master-class.

Les participants sont également invités à apporter leurs partitions, enregistrements ou références audio lorsqu’ils souhaitent approfondir un morceau ou un répertoire particulier.

L’objectif est de favoriser une approche pratique, collective et vivante, où l’écoute, le jeu, l’expérimentation et la transmission orale occupent une place centrale.

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BIOGRAPHIE

Le contrebassiste et compositeur Rémy Yulzari réinvente le rôle la contrebasse comme instrument soliste aux multiples facettes. Puisant dans sa propre histoire, il créé un style personnel au large éventail de couleurs et de styles basé sur l’improvisation et la créativité. Rémy Yulzari utilise également l’accordéon, le mélodica et le piano sur scène. Il s’est produit dans des salles prestigieuses de plusieurs pays, de l’Angleterre aux États-Unis, d’Israël à la Russie, jusqu’à Taiwan et au Japon, ainsi que dans de nombreux festivals. Membre fondateur de plusieurs ensembles balayant un large éventail de styles, il a sorti sept albums, dont deux comme leader (Enigme Eternelle, Azafea), et deux avec son trio Klezele (Freylekh From Vladivostok et Mosaïque). Il a enregistré la bande originale du film «L’Empreinte» avec son Quintette Monsolo ainsi que deux albums d’oeuvres de musique de chambre de G. Onslow et J. S. Bach pour le label Polynmie. Il est également titulaire du Certificat d’Aptitude (Master d’Enseignement musical) du CNSM de Lyon et Artist Diploma de la prestigieuse Julliard School de New-York. Il est régulièrement invité à donner des masterclasses de contrebasse, musique de chambre et de musique klezmer au Japon (Koshin RKC Hall) et partout en France. Il enseigne au Pôle Supérieur de Paris, succédant à Ibrahim Maalouf.

Www : http://yulzari.com

Facebook : https://www.facebook.com/RemyYulzariBassist

Extrait vidéo https://youtu.be/Y5DbeNd_j8c?t=211

Extrait audio n°1 : http://yulzari.com/wp-content/uploads/2012/07/Trio-klezmer-_-nigun.mp3